Loi Le Meur 90 jours : ce qui change pour les propriétaires parisiens
- Aurora Conciergerie

- 28 avr.
- 5 min de lecture
Mise à jour : avril 2026 — Lecture : 8 minutes
Si vous louez votre appartement parisien sur Airbnb, Booking ou Vrbo, la loi Le Meur a probablement déjà bouleversé votre quotidien. Promulguée le 19 novembre 2024 et entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2025, elle a abaissé d'un coup la limite annuelle de location de la résidence principale de 120 à 90 jours. Pour les propriétaires fortunés détenteurs d'un pied-à-terre parisien ou d'un hôtel particulier rarement occupé, l'impact est direct, immédiat et financier.
Ce guide vous explique en détail ce que dit la loi Le Meur, comment se calculent les fameux 90 jours, ce qui se passe si vous les dépassez, et comment continuer à valoriser votre bien malgré ce nouveau plafond.
Qu'est-ce que la loi Le Meur exactement ?
La loi Le Meur (officiellement loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024) est un texte législatif visant à « remédier aux déséquilibres du marché locatif en zone tendue ». Portée par les députés Annaïg Le Meur et Inaki Echaniz, elle a été pensée pour limiter la prolifération des meublés de tourisme dans les villes où le logement résidentiel se raréfie au premier rang desquelles Paris.
Date d'entrée en vigueur
La loi a été publiée au Journal officiel le 20 novembre 2024. La plupart de ses dispositions, dont le passage à 90 jours, sont entrées en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2025. Quelques mesures, notamment celles concernant le DPE, suivent un calendrier propre s'étalant jusqu'en 2034.
Pourquoi cette loi ?
Le législateur poursuit trois objectifs : préserver le parc de logements résidentiels dans les zones tendues, réduire l'avantage fiscal de la location meublée touristique (jugé excessif par rapport à la location longue), et donner aux maires et aux copropriétés des outils pour réguler le phénomène. La loi Le Meur s'inscrit dans le prolongement de la loi ELAN et des dispositifs déjà en place à Paris depuis 2017.
Qui est concerné ?
Tout propriétaire louant un bien meublé à Paris pour de courtes durées (généralement à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile). Cela inclut Airbnb, Booking, Vrbo, mais aussi les locations directes, et tous les arrondissements de Paris intra-muros sans exception.
La nouvelle limite des 90 jours : comment ça marche
La règle de base
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, vous ne pouvez plus louer votre résidence principale à Paris plus de 90 nuitées par année civile. Avant la loi Le Meur, ce plafond était de 120 jours il est désormais réduit d'un quart.
Cette limite s'applique par logement et par année civile. Elle se cumule sur toutes les plateformes : si vous louez 60 nuits sur Airbnb et 35 sur Booking, vous êtes déjà à 95 nuits donc en infraction. Les plateformes sont d'ailleurs tenues, depuis l'entrée en vigueur de la loi, de bloquer automatiquement votre annonce dès que le seuil approche.
Comment compter les 90 jours
La règle est simple sur le papier mais piège en pratique. Une « nuitée » correspond à une nuit louée, peu importe le nombre de voyageurs ou le prix. Quelques cas concrets :
Vous louez du 1ᵉʳ au 8 août : 7 nuitées comptabilisées (et non 8).
Vous louez sur deux plateformes différentes la même semaine : impossible, mais en cas d'erreur, le plafond global s'applique.
Vous louez à un proche à titre gratuit pour une durée courte : non comptabilisé (pas de location).
Vous louez à un étudiant en bail mobilité (1 à 10 mois) : non comptabilisé (régime juridique différent).
Que se passe-t-il à la 91ᵉ nuitée ?
Trois conséquences immédiates : la plateforme bloque votre annonce ; vous êtes passible d'une amende administrative pouvant atteindre 10 000 € ; juridiquement, votre bien bascule dans le régime de la résidence secondaire et nécessite alors une autorisation de changement d'usage avec compensation pour continuer à être loué légalement.
Ce qui change concrètement pour les propriétaires fortunés
Pour la plupart des propriétaires modestes, le passage de 120 à 90 jours est marginal : peu d'entre eux atteignaient effectivement les 120 jours. Mais pour les profils que nous accompagnons chez Aurora — propriétaires d'appartements de prestige souvent absents (résidences secondaires de Parisiens fortunés voyageant beaucoup, expatriés, dirigeants internationaux) — la différence est très concrète.
Une perte de revenus mesurable
Sur un bien de 80 m² dans le 7ᵉ arrondissement loué en moyenne 380 € la nuit, 30 jours de location en moins représentent près de 11 400 € de manque à gagner annuel. Sur un appartement de 120 m² avenue Montaigne loué 700 € la nuit, on dépasse 21 000 € de revenus perdus chaque année.
Une vigilance renforcée sur le statut du bien
Dépasser les 90 jours sans s'en rendre compte est désormais le risque numéro un pour les propriétaires multi-plateformes. Une conciergerie premium centralise toutes vos plateformes, suit le compteur en temps réel, et bloque manuellement les calendriers une fois le seuil approché — pour éviter que vous ne tombiez sous le coup d'une amende.
La nécessité de stratégies hybrides
Pour compenser la baisse, beaucoup de propriétaires basculent vers des modèles hybrides : 90 jours en courte durée pendant la haute saison, puis location en bail mobilité ou moyenne durée pendant le reste de l'année. C'est aujourd'hui l'un des axes que nous développons systématiquement avec nos clients pour optimiser leur revenu locatif tout en restant en parfaite conformité avec la loi Le Meur.
Foire aux questions
La loi Le Meur s'applique-t-elle aussi à ma résidence secondaire ? Non, la limite des 90 jours concerne uniquement la résidence principale (occupée plus de 8 mois par an). Pour une résidence secondaire à Paris, c'est un autre cadre qui s'applique : le changement d'usage avec compensation, obligatoire dans tous les cas.
Puis-je continuer à louer en moyenne durée après les 90 jours ? Oui. Le bail mobilité (1 à 10 mois) et la location meublée non touristique ne comptent pas dans les 90 jours. C'est l'une des stratégies les plus efficaces pour continuer à générer des revenus après avoir atteint le plafond annuel.
Les 90 jours se réinitialisent-ils chaque année ? Oui, le compteur repart à zéro chaque 1ᵉʳ janvier. Un propriétaire ayant atteint son plafond en novembre peut donc relancer son activité dès janvier suivant.
La loi Le Meur va-t-elle évoluer encore en 2026 ? Plusieurs décrets d'application sont attendus, notamment sur le contrôle des plateformes et les modalités de transmission de données aux mairies. Nous suivons ces évolutions en continu pour nos propriétaires.
Key Takeaways
La loi Le Meur (n° 2024-1039 du 19 novembre 2024) est entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2025.
La limite de location de la résidence principale est passée de 120 à 90 jours par année civile.
Le plafond se cumule sur toutes les plateformes et est contrôlé automatiquement.
Le dépassement entraîne une amende jusqu'à 10 000 € et le blocage de l'annonce.
Pour optimiser, basculez sur du bail mobilité ou de la moyenne durée au-delà des 90 jours.
La loi Le Meur marque une étape historique pour la location courte durée à Paris, mais elle ne signe pas la fin de l'activité — bien au contraire. Pour un propriétaire qui sait s'entourer, elle ouvre la voie à une gestion plus mature, plus rentable et plus pérenne de son patrimoine.
Aurora Conciergerie pilote pour vous le compteur 90 jours, conçoit des stratégies hybrides courte + moyenne durée, et garantit votre conformité totale avec la loi Le Meur.
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